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Cahiers d'études / Study Series

 

Studies Series / Cahiers d'étude
Le Comité international de l'ICOM pour les musées régionaux (ICR) /
ICOM's International Committee for Regional Museums (ICR)

Qualité, objectivité et intégrité de l'interprétation de l'histoire dans les musées

Rainer Hofmann
Directeur du Fränkische Schweiz-Museum, Tüchersfeld, Allemagne
Trésorier du Comité international de l'ICOM pour les musées régionaux

Summary in english

Le § 2.8 du " Code de déontologie professionnelle de l'ICOM " engage les musées à " s'efforcer de s'assurer que les informations données dans les présentations et les expositions sont honnêtes et objectives et qu'elles ne perpétuent pas de mythes ou de stéréotypes. " À première vue, cet article semble simplement faire état d'une notion qui va de soi, de quelque chose de tout-à-fait naturel, si bien qu'on est facilement tenté de ne pas lui prêter une grande attention. Dans le quotidien, toutefois, ce n'est, en fait, pas toujours aussi naturel que cela. Pas davantage que l'histoire, les musées ne peuvent prétendre, par le biais de leurs expositions, à une objectivité absolue. Dans un cas comme dans l'autre, seule une partie des contextes d'origine a été transmise, si bien que les objets et les événements requièrent une interprétation. Alors que l'histoire a conscience de sa subjectivité, en muséologie, l'approche d'un examen autocritique n'a commencé à transparaître que depuis très peu de temps 1.

Les objets présentés dans une exposition racontent souvent une toute autre histoire que les sources écrites. Alors que l'interprétation de l'histoire est le produit d'une réflexion rationnelle, bien que subjective et parfois issue de sources au caractère tendancieux, les objets reflètent plutôt les conditions générales du quotidien, comme les objets d'usage courant, ou représentent des sublimations religieuses ou idéologiques, comme les tableaux dans le domaine de la peinture. Il est donc extrêmement difficile de représenter l'histoire dans les musées. Des événements historiques importants, tels que la Révolution française, qui ont sans nul doute entraîné un changement radical dans la vie de toute une époque, peuvent être évoqués à l'aide d'objets, mais de façon très morcelée, et des événements comme le tremblement de terre de Ljubljana, d' influence décisive sur le destin des habitants de cette ville, ne peuvent être représentés que sous forme d'extraits. Pour améliorer la compréhension, on ne pourra se passer du " bâti d'idées ", à savoir des textes explicatifs.

L'arrière-plan idéologique et religieux rend encore plus difficile la compréhension d'une exposition illustrant un thème historique. Citons en exemple la Guerre des paysans. En Allemagne, avant la réunification, chacun des deux Etats allemands avait donné une interprétation différente de cette révolte qui eut lieu au XVIe siècle. Pour l'Allemagne de l'Ouest, la Guerre des paysans correspondait à une volonté de rétablir la situation antérieure, cette approche étant une conséquence d'une part, des prédications de la Réformation de Luther, et d'autre part, de la combinaison fortuite entre de mauvaises récoltes et d'impôts lourds exigés surtout des paysans. En Allemagne de l'Est, par contre, ces événements étaien vus comme une grande action révolutionnaire des couches sociales inférieures. Après le démantèlement du bloc de l'Est, on s'est empressé, à l'époque de la réunification, de suspendre les expositions en Allemagne de l'Est pour les ouvrir à nouveau peu après, restructurées et présentées d'une nouvelle manière, comme en Allemagne de l'Ouest. Cette réouverture s'est effectuée dans la hâte et sans grand souci des conséquences : pas de nouvelle réflexion, basée sur une synthèse des deux perspectives.

D'une manière générale, on peut constater que l'histoire est toujours l'histoire des vainqueurs, et ceci est valable partout dans le monde. Les sources historiques font référence en général à des personnes de grande notoriété ou se contentent de mentionner des dates décisives. Certes, on peut établir des liens entre les différents noms, les dates et les événements et les mettre en relation pour en tirer des conclusions. Mais si les sources elles-mêmes manquent d'objectivité - leur transmission elle-même a subi un processus d'évaluation et fait l'objet d'un choix dans la représentation -, si, dans bien des cas, elles n'ont pu être transmises que sous forme fragmentée, comment leur interprétation pourrait-elle être objective et neutre ? Chacun tente d'expliquer les faits et les évolutions à partir de son propre point de vue. Cette approche est elle-même le fruit d'une éducation, d'une opinion personnelle et de l'influence du cadre de vie. L'arrière-fond culturel joue également un rôle déterminant. La conquête de l'Amérique, par exemple, c'est l'histoire des conquérants européens et non pas celle des Indiens vaincus. Même l'histoire d'Australie est plutôt l'histoire des immigrants britanniques que celle des Aborigènes.

Ces exemples ont pour but de mettre en lumière que même les conservateurs de musées sont imprégnés de leur environnement, de leur éducation et de leur formation. Même hors de toute contrainte politique, personne ne remet véritablement en question des idées acceptées par tous. Aussi, les expositions à caractère historique sont-elles aussi un reflet des tendances de la socio-politique. Ces tendances subissent une mutation au fil des années. Cette évolution suffit à prouver que la véritable objectivité est impossible à atteindre dans les expositions. Toutefois, les musées sont en mesure de faire ressortir certaines idées par le biais d'expositions engagées et sans équivoques. Ces interprétations leur offrent la possibilité de lancer des discussions thématiques et de compléter les discussions des historiens 2.

Autre point important au sein de cette problématique : les conditions de vie d'une grande partie de la population - d'un point de vue sociologique -, les " couches sociales inférieures ", ne peuvent être représentées dans un musée sinon de manière très insatisfaisante ; les biens des plus pauvres, souvent peu attrayants, ont peu de chance d'être exposés dans un musée. Citons, en guise d'exemple, les bergers. Appartenant en général à la couche sociale la plus basse, ils étaient, pour la plupart, sans aucune possession et, amenés à se déplacer très souvent, ils avaient coutume d'emporter avec eux le strict nécessaire. L'utilité était le seul critère de choix des vêtements et des ustensiles personnels. Exposés au vent et aux intempéries, ces objets avaient perdu tout aspect plaisant une fois que l'on ne s'en servait plus, et rien n'incitait donc à les garder ; on jetait en général ce qui n'avait plus d'utilité. Même les valets et les servantes ne possédaient que l'indispensable. Outre la nourriture et le logis, ils ne touchaient qu'un salaire bien précaire qui ne leur permettait aucun luxe. Leurs biens ne valaient donc pas d'être conservés. Il en résulte qu'en règle générale, les musées abritent des objets ayant appartenu aux classes moyenne et supérieure, et que les expositions ne transmettent pas aux visiteurs une vue objective des véritables conditions de vie.

Il faut même remettre en question certains domaines, malgré le grand nombre d'objets collectés - les objets, même nombreux ne permettent pas toujours une approche globale d'un sujet -, dès qu'il s'agit de porter un regard critique. En effet, les vêtements de tous les jours, même de la première moitié de notre siècle, sont rarement exposés, car presque rien n'a survécu. Par contre, ce sont les vêtements des jours de fête qui sont conservés et exposés dans les musées, très rarement portés parce que précieux ; si nous les trouvons actuellement dans les expositions, c'est parce qu'ils sont dans un bon état de conservation. Les vêtements du dimanche, de qualité légèrement moindre que celle des habits des jours de fête, étaient nettement plus abîmés, car dès l'apparition des premiers signes d'usure, on les utilisait comme vêtements de tous les jours. Quand ils étaient trop usés, ils servaient en " fin de carrière " de chiffon ou d'épouvantail. A présent, il apparaît clairement qu'il est impossible de négliger la question suivante : dans nos musées, restituons-nous fidèlement la vie quotidienne d'antan ?

De même, un problème se pose quant à la représentation des groupes marginaux dans les musées. En règle générale, les expositions traitant de la culture de ces groupes, sont réalisées par des personnes qui leur sont étrangères, et cela, intentionnellement 3. De fait, la présentation, en dépit de toute la bonne volonté, revient à un observateur extérieur, lui-même influencé par sa culture, sa formation, sa religion et son appartenance ethnique. C'est pourquoi l'exposition ne peut être entièrement objective. Que les conservateurs appartiennent à ces groupes marginaux, cas idéal, n'est cependant pas un gage d'objectivité. Ainsi, au musée suédois " Mountain and Saami Museum ", des Lapons préparés à cette tâche, encadrent en partie les expositions et l'administration. Les conflits, en effet, étaient prévisibles dès le départ, du seul fait que le peuple lapon exige que l'ensemble du musée " shall be concerned only with questions that are essential to Saami, and that its management and personnel shall be principally people who share their view of life and consider the activity of the museum through the eyes of the minority ". Cette perspective de l'intérieur est en effet tout autre qu'une vue de l'extérieur. Mais saura-t-on dire laquelle des deux est la bonne, laquelle est véritablement objective ? Par ailleurs, au cours des réflexions qui précèdent la mise en place d'une exposition, les conservateurs, peuvent difficilement déterminer à l'avance les attentes et les idées des futurs visiteurs, dans la mesure où chacun apporte avec lui son expérience individuelle. Le point de vue de ces visiteurs, en effet, est bien souvent totalement opposé à celui des " faiseurs d'expositions ".

Voici quelques exemples pour plus de clarté : de nos jours, la vie est minutieusement rythmée par l'heure. Le jour commence à 0 h et la lumière et l'obscurité ne sont plus assez significatifs pour être mentionnés, grâce à l'éclairage électrique. Avant l'ère industrielle, le rythme journalier dépendait beaucoup du lever et du coucher du soleil. Un certain nombre d'éléments aidaient les gens de cette époque à s'orienter et à se repérer, comme les heures fixes des prières, annoncées dans le monde chrétien par le sonner des cloches, et dans le monde musulman par l'appel du muezzin. Les notions de temps sont de nos jours établies suivant un calendrier subdivisé en jours et en mois. Autrefois, en revanche, et tout particulièrement en Europe, le calendrier était organisé autour des fêtes chrétiennes, comme en témoignent les informations trouvées dans les anciens documents.

Par ailleurs, la vie quotidienne était régie par des dates à caractère plus juridique : paysans et citoyens étaient encadrés par les dates de paiement des impôts. La Chandeleur, (2 février) était la seule date de l'année à laquelle les valets et les servantes pouvaient en toute régularité changer d'employeur. Du jour de la Saint-Joseph, (17 mars), au jour de Saint Gall (16 octobre), s'étendait la période durant laquelle il était permis de fabriquer des briques - les carrières d'argile étant impraticables les mois d'hiver en raison des gelées. De nos jours, en revanche - en schématisant quelque peu -, la subdivision des époques de l'année s'effectue bien souvent d'après les vacances scolaires ou les journées permettant de faire le pont lorsqu'il s'agit de prévoir les congés annuels.

Autrefois, les saisons avaient une grande influence sur la vie quotidienne. Les fruits et légumes n'étaient disponibles que pendant la saison et la plupart des gens ne connaissaient la viande fraîche que les jours de fête, fête du village ou encore journées où l'on tuait le cochon en hiver. Ainsi, l'activité du secteur économique qui faisait vivre la plus grande partie de la population, l'activité agricole, mais également l'activité commerciale, variaient en fonction des différentes époques de l'année. Cela touchait le commerce sur de longues distances, souvent ralenti voire stoppé lorsque les routes étaient impraticables à certaines saisons, comme les cols de montagne en hiver, mais aussi le commerce courant comme la vente des chaussures, qui n'étaient portées qu'en hiver, du moins à la campagne - à la campagne naturellement, tout le monde avait l'habitude de marcher nus-pieds. De nos jours, dans les pays industrialisés, les gens n'ont pas à supporter de grandes restrictions ni dans leurs habitudes alimentaires ni dans leurs déplacements. Les organisateurs d'expositions sont-ils suffisamment conscients de ces importantes mutations dans leur approche des situations historiques ? De quels moyens dispose-t-on pour faire apparaître ce décalage de valeurs dans les expositions, bien souvent essentiel pour comprendre le contexte historique et l'environnement social d'une époque ?

L'évolution du travail est aussi un élément à considérer. Là encore, un exemple semble plus explicite : lorsque, de nos jours, des enfants viennent voir une exposition de matériel agricole, dans un premier temps, ils n'ont aucun lien intime avec les objets exposés, pas même les enfants provenant de régions à structure principalement agricole. Durant une heure de cours dans le musée, nous essayons donc, avec les élèves, de trouver des correspondances, d'effectuer des comparaisons. D'une manière générale, tout élève venant d'une région agricole est en mesure de concevoir que de nos jours, il faut, avec une simple charrue à soc unique et un tracteur, un peu moins de deux heures pour labourer un champ de la taille d'un terrain de football - une superficie plutôt familière pour les enfants. Pour les faire réfléchir, nous incitons les élèves à se demander combien de temps il fallait autrefois pour effectuer le même travail à l'aide d'une simple charrue - exposée - tirée par un bouf. Dans une discussion commune, nous mettons en évidence que, dans une région comme la nôtre, le travail du laboureur était en permanence interrompu par de grosses pierres qu'il lui fallait transporter jusqu'à la bordure du champ. Ceci démontre qu'il fallait aux grands-parents de ces enfants environ trois journées entières pour labourer un champ dont, de nos jours, on vient à bout en moins de deux heures. Les enfants s'étonnent aussi en apprenant que la superficie de la taille du terrain de football était autrefois désignée " 3 Tagwerk " - " 3 journées de labeur ". Autrement dit, les superficies étaient désignées d'après le temps qu'il fallait pour les cultiver et non pas en fonction de mesures bidimentionnelles. Aujourd'hui, à l'ère de l'automatisation et de la commande par ordinateur, des notions de ce genre sont tout-à-fait inconnues. Mais de quels moyens disposons-nous pour faire transparaître cette évolution dans la conception des choses - de nos jours, deux heures de travail, autrefois, 3 jours pour le même travail - dans nos expositions ?

L'aliénation des objets est un point essentiel qu'il nous faut aborder également. Tout objet que nous présentons dans nos expositions est arraché à son contexte d'origine. Nos présentations ne peuvent être que des mises en scène. Les différents aspects de l'objet permettent alors une multitude de mises en scène et d'interprétations. Ainsi, un tableau peut être considéré comme témoignage des ouvres et des créations d'un artiste, comme représentatif d'une époque ou d'un style. On peut tout aussi bien l'interpréter suivant ce pour quoi il était destiné à l'origine - peinture sur panneau de bois, expression de la vie de cour ou de l'esprit de la bourgeoisie de l'époque ; on peut encore considérer son contenu, et le voir comme une source documentaire, dans le cadre d'une recherche sur le costume ou pour dater certains des objets représentés, comme un service de table. Le conservateur, lorsqu'il conçoit l'exposition, a une idée bien précise de la valeur d'un objet en tant que témoignage, simplement pour avoir abordé et traité le sujet en profondeur ; les visiteurs, quant à eux, s'associent-ils à cette interprétation, ou bien ont-ils, en raison de l'envergure et du caractère tout-à-fait individuel de leurs propres expériences, une conception très différente ? Prenons un autre exemple : les " Bauernstube " - " pièce rustique " - avec leur mobilier en bois et le poêle de faïence que l'on y trouve habituellement, évoquent volontiers chez le visiteur l'idée de soirées agréables entre amis. Seul l'historien spécialisé en matière de contextes sociaux est parfaitement conscient que ce type de pièces était un lieu étroit où se regroupaient en général tous les membres d'une grande famille et qu'il servait également de refuge, les mois d'hiver, à la basse-cour et au bêtes les plus jeunes pour les empêcher de mourir de froid. Les conditions de vie en communauté et les conditions d'hygiène qui régnaient dans cette salle à l'époque sont pratiquement inconcevables pour les générations actuelles.

Ces propos ne suffisent pas à évoquer tous les obstacles et les pièges que nous rencontrons en recherchant l'objectivité dans nos musées ; les problèmes ont pour origine d'une part, les conditions dans lesquelles les informations nous ont été transmises, et d'autre part, la différence de conceptions et de connaissance entre les visiteurs et les " faiseurs d'expositions ". En outre, il s'avère nécessaire de tenir compte d'autres éléments à l'égard des générations plus jeunes. Nous sommes toujours victimes de nos sens et cela influe de manière négative sur notre concentration. Quand la presse, elle aussi victime de ce phénomène, en vient à imprimer des rapports superficiels, et non des articles détaillés allant au fond des choses et délivrant des explications, tout cela pour attirer davantage l'oil des lecteurs " grand public ", qu'en est-il des textes dans nos musées ? D'autre part, le musée est souvent considéré comme un lieu de divertissement. Même s'il convient de soigner le côté plaisant et attractif de la présentation, il faut bien se garder d'aller à l'extrême et de transformer le musée en " Disneyland ". Enfin, l'ordinateur et le multimédia sont devenus des éléments incontournables dans les expositions. Certes, utilisés à bon escient, ces médias et supports apportent une aide considérable, et à mon sens, on ne pourra probablement plus se passer d'eux à l'avenir. Toutefois, très fréquemment, les visiteurs vouent parfois une telle ferveur à ces auxiliaires, qu'ils en arrivent à oublier les objets présentés.

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1 Pour les problèmes de la représentation de l'histoire dans le musée, voir Jürgen Steen, " Catégorie de la représentation de l'histoire dans le musée ", Museumskunde, 60, 1995, S.23-26. Une tentative de faire comprendre au public de manière subtile la subjectivité des textes explicatifs a été entreprise au musée d'Histoire de la Ville de Luxembourg en indiquant un nom sur les textes explicatifs. Ceci fait clairement ressortir le fait que les énoncés reflètent le point de vue de l'auteur au moment où il a rédigé ces textes.
2 L'exposition temporaire présentée dans différentes villes allemandes sur le thème Verbrechen der deutschen Wehrmacht (Crimes de la Wehrmacht) est un bon exemple. Cette exposition a suscité de vives controverses chez les visiteurs et les historiens, provoquant de ce fait de violentes discussions.
3 En Allemagne, l'exemple des musées juifs est très significatif : la majeure partie des conservateurs ne sont pas de la religion judaïque si bien qu'indépendamment de leur connaissances spécifiques en la matière, il en découle, en règle générale, une " perspective de l'extérieur ".

Summary

We must not be complacent about the demand for objectivity in exhibitions, as expressed in ICOM's Code of Ethics. Exhibitions are interpretations of historic situations as well as of historical facts. When this is examined closely many obstacles to objectivity become evident. In this article we discuss the hindrances, with examples. Initial barriers involve the different backgrounds and associations of the exhibition designers. These can only represent an interpretation of the current level of discussion and research, but this cannot be absolute truth. An important obstacle is the obvious effect of time and society on the survival of material objects. Poor people, or those who belong to small fringe groups, usually leave comparatively little behind. Much more survives from the assets of the rich, and therefore this can easily give a bias to our knowledge and understanding, and so to the objectivity of exhibitions. And because fringe groups are normally interpreted by people who do not belong to the groups, the view from outside should also be carefully analysed. We also have to remember the problems inherent in different levels of education and experience of life. Children nowadays have only a slight concept of the circumstances of their grandparents. As a result they can have difficulties in grasping the essential point of an exhibition, which an older person might find obvious. An example of this might be the factors surrounding an exhibition on the radical change in agriculture due to mechanisation, where three days' hard work in the fields may have been replaced by two hours of work which has little physical strain. Lastly, if we are true to the overriding significance of the object, we must realize that for some people, the same object can awaken quite different associations, among designers as well as visitors. Resultant different interpretations should make us ponder the possibility of complete objectivity.

© ICOM/ICR 1999


 

 



 
 
   
Updated: 20 June 2005