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Communiqués de presse

Paris, le 19 juin 2009

SYNTHESE DE LA DISCUSSION
« CRISE ECONOMIQUE MONDIALE : QUELS IMPACTS POUR LES MUSEES ? »
mardi 9 juin 2009 – auditorium de l’UNESCO, Paris

Modérateur : Alan Riding, ancien correspondant Europe pour les pages Culture du New York Times.
Intervenants :  
Jacques Attali – Ecrivain français et Président de PlaNet Finance
James Chung – Futurologue américain, Président de Reach Advisors

Introduction par Alan Riding :
La crise est-elle une catastrophe pour les musées ? Il n’y a plus de financement, c’est la fin de l’Age d’Or des bâtiments signés par les plus grands architectes, la fin des blockbusters. Ce mouvement est amplifié par les changements structurels de nos sociétés (internet, nouveaux comportements des jeunes, etc.). Mais la crise offre également de nouvelles opportunités notamment à un retour au rôle « spirituel » des musées.

Intervention de Jacques Attali :
Historiquement, à la fin de la richesse privée a correspondu la naissance de la richesse publique.  L’apparition des musées : là où l’économie décline et là où s’affirme une volonté culturelle nationale. Aujourd’hui, nous entrons dans une crise qui s’annonce longue.

La crise est américaine, ce pays vit une faillite majeure de son économie avec un système bancaire très fragilisé, de grandes fortunes menacées et une dette nationale vertigineuse.
Les conséquences pour les musées sont les suivantes : un effondrement de la capacité de mécénat privé, une réduction drastique de la capacité de l’Etat à financer les institutions culturelles et une évolution du mécénat avec de nouvelles priorités des entreprises et des particuliers : plus pour l’environnement et le social, moins pour le sport et la culture.

La crise est le résultat d’une contradiction profonde entre une économie très mondialisée et l’absence de régulation mondiale des échanges, provoquant ainsi des replis nationaux et individuels. La sortie de crise passe par l’instauration d’une gouvernance mondiale.  
Ainsi les musées doivent apprendre à réfléchir, comme le fait l’ICOM, à une échelle mondiale.  

La crise est la conséquence d’une évolution historique de longue durée avec un changement des sphères géographiques de croissance.
Les quatre conditions pour la croissance sont les suivantes : le développement démographique, le développement de l’innovation, le développement du capital, l’ordre et la stabilité politique.
Aujourd’hui la croissance est plus rapide en Asie, Inde, Brésil et aussi en Afrique que dans les pays de l’OCDE. La crise devient une crispation de l’Occident dans ses capacités d’accaparement des conditions de la croissance.  

Conséquences pour les musées, on note trois grandes dimensions :
 
Tendance 1 : De plus en plus de musées pour de plus en plus de nations affirmées
De nouvelles nations développent de nouveaux musées. Apparaissent ainsi de nouvelles élites, de nouvelles classes moyennes, de nouvelles capacités de financement, de nouvelles ambitions et des volontés d’affirmation nationales.

Tendance 2 : De nouveaux rôles et de nouveaux publics pour les musées
Les nouvelles identités individuelles et collectives avivent la circulation des idées et le développement des échanges. De nouvelles classes d’âges interviennent : les seniors avec le développement de 3ème et 4ème âge dynamiques et en bonne santé.

Tendance 3 : Nouvelles technologies pour les musées
L’Architecture verte avec des musées soumis au nouveau « totalitarisme vert » (bilan carbone, transport des œuvres, fonctionnement des bâtiments, etc.).
L’apparition de nouveaux types de consommation du musée : web sémantique, RFID, 3D, hologrammes, visites virtuelles, boutiques (achat objets 3D à distance), etc.

La crise apporte avec elle de nouveaux défis pour les musées dont ceux de l’écologie, de la gratuité (tendance lourde), de l’engagement des visiteurs pour plus de sens. Le musée de demain est-il un retour à une certaine conception du 19ème siècle dans les pays occidentaux d’un musée « vivant » : atelier, lieu d’expression, de sociabilité et d’animation (concerts, expression vivante, etc.) ? La crise finira un jour mais les musées, eux, resteront bien réels.

Intervention de James Chung :
Dans notre contexte actuel de crise où disparaissent les plus grandes entreprises de la planète, quelles sont les courants qui sont susceptibles de changer le fonctionnement des musées ?

La situation des musées aux Etats-Unis
On note une réduction drastique des contributions privées pour les musées (90% du financement).
Pour autant il reste des lueurs d’espoirs grâce à l’augmentation du nombre des visites des locaux et des abonnements. Par ailleurs, certains musées résistent mieux que d’autres : les musées pour enfants mieux que les musées d’art et d’histoire.  

Les impacts sont déjà perceptibles avec une réduction des effectifs dans les musées. Finalement il y a peu de dialogue sur les causes de la crise sur le fonctionnement des musées. Nous dirigeons-nous vers la fermeture de musées en 2010 ?

Comment prévoir les conséquences de la crise actuelle ?
Les leçons de la crise japonaise (des années 90) ne sont applicables au modèle américain que partiellement. On note un rôle différent de l’investissement privé.

De nouveaux rôles sont à trouver pour les musées pour sauver et financer les musées.
Par exemple, en répondant aux demandes de catégories sociales et économiques émergentes et pas seulement au 1% de la population qui concentre 25% de la richesse nationale aux USA (et qui finançait jusqu’à présent les musées). La part démographique de femmes dans la société américaine les repositionne à un niveau d’éducation plus élevé et de rémunération plus forte : serviront-elles de levier économique pour la croissance des musées ?
Les baby boomers et les papy boomers en Occident [de 1/5 de la population aux USA à un 1/3 en Italie, Allemagne, Japon] favoriseront-t-ils la croissance des musées  par leur nouvelle demande de loisirs ou l’empêcheront-ils à cause de la pression financière de leurs retraites dans les budgets nationaux?

Vers un nouveau Siècle d’Or pour les musées ?
Oui,  s’il y a une adaptation aux nouvelles demandes et comportements (femmes, jeunes, seniors, etc.). Doit-on réinventer les musées pour servir différents publics de la façon la plus pertinente ?
Oui, si le musée est capable d’apporter sa part aux nouvelles quêtes de sens qu’implique la crise. Les visiteurs sont moins consommateurs et plus citoyens.

Pour tous les sujets liés à la communauté muséale mondiale et pour interviewer le Directeur Général de l'ICOM : Contact presse : Nadine AMORIM - Tél. + 33 1 47 34 91 63 - amorim@icom.museum
 
 
   
Updated: 22 June 2009