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Statues en pierre
du nord du Burkina Faso
et des régions environnantes

 

 

 

Stèle funéraire, pierre Statue de fécondité, pierre
Laboratoire d'archéologie de l'Université de Ouagadougou (Burkina Faso)
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Provenance I Caractéristiques I L'urgence de la situation I Législations I Sources

 

--Provenance  
 

Régions du Yatenga et de Soum, nord et nord-ouest du Burkina Faso.

--Caractéristiques  
 

Dans ces régions, des pierres sculptées sont retrouvées fichées dans le sol. Il s'agit de deux types d'objet : des stèles funéraires et des statues dites de fécondité.

Les stèles funéraires, placées sur les tombes des personnes décédées à un âge très avancé, sont en pierre plate. Elles se présentent sous deux aspects principaux. Certaines ont une base rectangulaire de laquelle se détache dans la partie supérieure des formes géométriques sculptées. A d'autres ont été donnés des contours plus humains : le tracé supérieur suit la forme ronde d'une tête. Les traits du visage sont sculptés en léger bas-relief : des yeux ronds, un nez ovale, une bouche légèrement entrouverte. La partie inférieure est ornée de traits incisés, signifiant parfois les bras pliés formant un losange. Ces pierres sont de tailles très variées, pouvant atteindre plus d'un mètre.

Les statues destinées au culte de la fécondité évoquent une silhouette humaine par la sculpture d'une forme pour signifier la tête, les bras, le ventre et les jambes.

 

--L'urgence de la situation  
 

Les stèles funéraires, placées au-dessus des tombes, généralement pour en indiquer la présence, ont permis de repérer un certain nombre de sépultures recouvertes d'un tertre de terre dans lequel elles étaient plantées. Leur pillage supprime donc la possibilité de repérer ces ensembles funéraires et de faire le lien entre ces objets et le matériel archéologique qui peut être trouvé en dessous. Cela détruit alors une partie de l'information sur les pratiques funéraires des populations qui les ont mises en place.

Quant aux statues destinées au culte de la fécondité, leur vol en 1990 et 1994 à Oure et à Taga a été vivement ressenti par les communautés locales pour lesquelles elles font partie d'un patrimoine toujours vivant. Ces sculptures en pierre font par ailleurs l'objet d'un important trafic avec les pays voisins, les pilleurs mettant à profit l'absence d'accords régionaux.
Sur ce continent où les frontières culturelles ne sont pas nécessairement synonymes de frontières politiques, la coopération entre pays frontaliers est vitale.

 


Législations nationale et internationale protégeant ces objets :
 

- Ordonnance n° 85-049/CNR/PRES du 29 août 1985 portant protection du patrimoine culturel,
Décret n° 85-493/CNR/PRES/INFO du 29 août 1985 portant réglementation de l'exportation des objets d'art du Burkina Faso.
- Convention de l'UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, ratifiée par le Burkina Faso le 7 avril 1987, entrée en vigueur le 7 juillet 1987.
- Convention d'Unidroit sur les biens culturels volés ou illicitement exportés, signée par le Burkina Faso à l'adoption du texte le 24 juin 1995 à Rome.

 

--Sources  
 

- Catalogue de l'exposition / Exhibition catalogue, Vallées du Niger, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1993.
- Cent objets disparus. Pillage en Afrique / One Hundred Missing Objects. Looting in Africa, ICOM, 1994, réimpression mise à jour / updated reprint 1997.
- Jean-Baptiste Kiethega, 1997 : « Le trafic illicite des biens culturels au Burkina Faso », Workshop on the Protection of the African Heritage / Atelier sur la protection du patrimoine culturel africain, Amsterdam, Documents de travail, ICOM.
- UNESCO.
- UNIDROIT.

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Janvier 2000