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La Documentation du Patrimoine Culturel
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Fiche d’indexation minimale
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Introduction
La Fiche d’Indexation Minimale des Monuments Historiques et des Édifices du Patrimoine Architectural

L’article 17 de la Convention de Grenade requiert que les parties échangent l’information sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour l’identification et l’enregistrement du patrimoine architectural. Ce fut le signal qui motiva la convocation d’une table ronde à Londres en 1989, ayant pour objectif d’examiner la tâche des centres de documentation sur le patrimoine architectural, les moyens de faire progresser leur coopération, et les nouvelles technologies à leur disposition pour mener à bien leur travail. Une des recommandations présentées fut la suivante:
Il convient de définir les normes relatives à l’établissement d’une “fiche minimum” de données documentaires, et les spécifications techniques permettant la communication de ces données. Pour ce faire, il faut déterminer la nature des données nécessaires au recensement de tous les édifices présentant un intérêt historique ou architectural; ce travail doit être effectué dans chaque Etat ou institution dans un but d’avancement et de progrès; il conviendra également de définir les moyens d’harmoniser ces données, et, enfin, de fixer des normes en vue de l’informatisation des données.
Un groupe de travail composé de membres d’organisations du patrimoine de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède et du Royaume-Uni fut créé sous l’égide du Conseil de l’Europe dans l’intention d’identifier les éléments de données essentielles à la rédaction d’une fiche minimale. En 1991, le groupe entreprit de conduire une enquête sur les inventaires architecturaux, dont l’un des premiers objectifs était d’arriver à un consensus sur le contenu de la fiche minimale d’indexation. Un total de 26 pays englobant 78 organisations et 137 inventaires répondirent au questionnaire. L’enquête montrait bien qu’un accord général existait sur les catégories d’information essentielles à tout inventaire du patrimoine architectural.

En octobre 1992, le Conseil de l’Europe et la Direction du Patrimoine (France) tinrent un colloque à Nantes sur “Le Patrimoine architectural: méthodes d’inventaire et de documentation en Europe.” L’objectif de la réunion était de trouver des formes pratiques de coopération entre les centres de documentation du patrimoine à travers l’Europe, et de préparer une définition de normes communes sur la base d’une comparaison de méthodes d’inventaire utilisées dans différents pays. A la fin du colloque, les participants — au nombre de 150 venant de 24 pays — approuvèrent la fiche d’indexation minimale préparée par le groupe de travail.

L’analyse des réponses à l’enquête, les discussions du groupe de spécialistes et l’issue du Colloque de Nantes aboutirent à la rédaction d’un avant-propos de Recommandation. Après son approbation par le Comité du Patrimoine Culturel et le Conseil de la Coopération Culturelle, la “Recommandation relative à la coordination des méthodes et des systèmes de documentation en matière de monuments historiques et d’édifices du patrimoine architectural” fut adoptée par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe le 11 janvier 1995. L’objectif principal de la fiche d’indexation minimale est de permettre de classifier les édifices et les sites par nom, localisation, genre de fonction, date, architecte ou client, matériaux de construction et techniques, état de conservation et statut juridique de protection. Ce n’est pas une fin en soi, mais bien un point de départ — une clé permettant d’accéder à des informations supplémentaires détenues dans des bases de données, des centres de documentation ou ailleurs, nécessaires à la bonne compréhension et à la protection de chaque monument.

La fiche est conçue de manière à permettre au compilateur de renvoyer à une information plus détaillée au sujet d’un édifice, comme: des descriptions par écrit ou des photographies; des informations associées d’ordre archéologique ou environnemental; des détails sur les installations, les éléments décoratifs et l’équipement de chaque édifice; et l’information sur les personnes et organisations associées à son histoire. C’est à chaque pays et à chaque organisation qu’il appartiendra de définir, en fonction de ses besoins spécifiques, ses propres exigences quant aux niveaux plus fins d’information sur l’architecture, l’archéologie, l’environnement, l’histoire et l’aménagement. La figure 1 est un schéma des liens entre les parties de la fiche concernant chaque édifice historique et monument; la figure 2 montre de quelle façon la fiche minimale d’un édifice ou monument peut être reliée à des niveaux d’information plus détaillés.

figure 1
Figure 1. Schéma de la structure de la fiche Edifice


figure 2
Figure 2. Liens possibles entre le fichier des monuments et édifices et d’autres fichiers

La fiche offre la possibilité non seulement d’enregistrer les édifices individuels, mais aussi de permettre au compilateur de relier l’édifice à un site plus étendu dont il pourrait former un élément ou à un ensemble encore plus vaste dont il pourrait faire partie. L’ensemble architectural se manifeste sous beaucoup de formes différentes. Il peut être défini typologiquement ou géographiquement. Il peut être aménagé ou organique, unifié ou groupé par association, ou uni par une fonction commune ou des intérêts communs. L’ensemble peut être basé sur la relation hiérarchique entre une grande structure et ses parties constituantes, comme les appartements dans un immeuble ou les machines dans une usine. Il peut être de nature spatiale, mettant en cause des considérations de rapports entre les édifices, les espaces qui les séparent, le paysage qui les entoure. Des cas différents, des priorités différentes dans les organisations auront pour résultat que les ensembles soient définis de façons variées suivant les circonstances, le recoupement des renseignements s’effectuant différemment, de manière à rendre le matériel aisément maniable et à permettre des connexions donnant finalement un portrait plus complet du patrimoine.

La fiche d’indexation minimale ne cherche pas à imposer un système rigide ou à détourner les organismes de leurs sphères d’intérêt. Elle ne vise pas non plus à imposer des exigences en matière de matériels et de logiciels informatiques aux organisations engagées dans l’informatisation de leurs dossiers et de leurs index. Elle se propose de représenter un premier pas vers la définition et la recommandation de normes techniques pour la saisie et l’échange de données. Il est possible en revanche de prévoir une situation dans laquelle l’interrogation réciproque d’informations sous forme de fiches conduira à une meilleure compréhension du patrimoine architectural européen. La fiche d’indexation minimale marque donc un jalon important sur cette voie.


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