Déclaration de Kinshasa

Considérant la gravité du pillage et du trafic de biens culturels en Afrique Centrale, conscients du fait que ce problème ne peut être résolu qu'à travers une coopération régionale et internationale, nous, les participants à l'atelier sur le trafic illicite des biens culturels tenu à Kinshasa, Zaïre, du 26 au 28 juin 1996,

AUX DECIDEURS

Nous demandons :

- d'accorder une place prioritaire au développement des musées dans leur politique et d'assurer aux professionnels des musées un statut et des conditions de travail sereines afin qu'ils jouent efficacement leur rôle d'information, de formation et d'éducation en matière de patrimoine;

- de mettre en place d'urgence des programmes d'archéologie de sauvetage;

- d'accorder aux professionnels les moyens nécessaires pour l'établissement de l'inventaire et du classement du patrimoine;

- de rédiger et/ou de réviser d'urgence leurs législations nationales en vue de la protection de leur patrimoine contre le trafic illicite et le pillage sur la base de rapports d'experts régionaux chargés de définir la notion et le contenu de ce patrimoine.

Nous demandons aux gouvernements de ratifier de toute urgence, pour les Etats qui ne l'ont pas encore fait, les conventions de l'UNESCO (1970) contre le trafic illicite des biens culturels, de l'UNIDROIT (1995) et, s'agissant de la situation très préoccupante des pays en situation de conflit armé, la convention de la Haye (1954.)

Les participants à l'atelier recommandent la mise en place d'un comité de coordination des représentants des départements concernés (culture, recherche, éducation nationale, police, douane, justice, affaires étrangères, tourisme, commerce).

Ces représentants devront être choisis en fonction de leur expertise professionnelle.

Ce comité aura mandat de définir une politique et des stratégies pour une meilleure application des législations de protection du patrimoine et mettre en oeuvre ces stratégies.

AUX PROFESSIONNELS DE MUSEES

Nous recommandons :

- la tenue d'une réunion de professionnels du patrimoine en vue de définir le patrimoine culturel et naturel à protéger en prenant en considération les cohérences culturelles régionales;

- la participation au projet AFRICOM de normalisation des inventaires et de la documentation;

- la création d'une organisation régionale de l'ICOM en Afrique Centrale (ICOMAC) qui assurera le suivi des actions issues de cette rencontre.

Les participants à l'atelier s'engagent à organiser dans l'année qui suit cet atelier, des actions pratiques de terrain telles que la sensibilisation, la formation des douaniers et des policiers et à rendre compte de ces activités au Comité de coordination AFRICOM.

AUX BCN INTERPOL ET SERVICES DES DOUANES

Nous demandons :

- d'utiliser au maximum à travers Interpol et l'Organisation Mondiale des Douanes, les possibilités de diffusion des informations sur les biens culturels volés.



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