The International Council of Musems
ICOM
In English

Recherche avancée                    
 

Qu'est-ce que l'ICOM

Organes de direction

Comités

Adhérer à l'ICOM

Activités

  Ressources
  Centre d'information UNESCO-ICOM
  Publications de l'ICOM
1946 - aujourd'hui
  Declarations et rapports
  Catalogue des publications
  Plan stratégique 2001-2007
  Bibliographies
  Archives
  Autres ressources d'informations













 
  NOUS CONTACTER
  PLAN DU SITE
  LISTES DE DISCUSSION
 


 

Le tourisme culturel durable


Version en español


Déclaration du Conseil international des musées (ICOM) et de la Fédération mondiale des amis des musées (FMAM) pour un tourisme culturel durable dans le monde entier. (Décembre 2007)

L’ICOM et la FMAM se sont donné pour mission éthique de veiller à ce que le tourisme se développe dans le respect des cultures du monde entier, et que les comportements et les approches prennent en considération non seulement le patrimoine matériel et immatériel, mais aussi le présent de ces cultures.
La connaissance des destinations touristiques, des cultures environnantes, de leur patrimoine naturel et historique ainsi que de leur importance scientifique et de leur beauté devrait aboutir à une meilleure compréhension parmi la population locale, lui permettant ainsi de renforcer sa propre estime et son identité culturelle.

Le tourisme culturel durable implique de multiples entités, parmi lesquelles les touristes, la population locale, les musées, les sites archéologiques, les paysages, les agents de tourisme et les pouvoirs publics.

Par conséquent, il est nécessaire de sensibiliser l’ensemble de ces entités à ces questions et de leur enseigner les bonnes pratiques de gestion. Le tourisme culturel durable ne concerne pas seulement les touristes en visite dans des pays étrangers, comme le sous-entend le document « Le touriste et le voyageur responsables ». On recense également un grand nombre de touristes intérieurs (spécialistes, associations, etc.) qui exercent une incidence identique sur les musées et les monuments.

Pour atteindre ces objectifs, les musées doivent s’adresser aux touristes de manière plus directe qu’ils ne le faisaient jusqu’à présent. Le contenu éducatif d’un musée doit contriber à l’histoire, à la culture et à l’environnement en prônant le renforcement des connaissances, la modification des comportements et une plus grande tolérance. De la sorte, le respect pour d’autres modes de vie, religions, points de vue et conditions sociales sera favorisé, et l’impact du tourisme sur l’environnement sera diminué.

L’ICOM et la FMAM estiment que des touristes mieux informés et préparés au contact avec d’autres cultures et avec les réserves naturelles contribuent au développement durable et positif ainsi qu’à la protection des paysages et des sociétés. Il est donc crucial que ces connaissances et ces compétences soient transmises aux touristes. Ceci est particulièrement vrai du fait que, fréquemment, les touristes ont un comportement très éloigné de leur vie quotidienne, reflétant de ce fait des modèles sociétaux et éducatifs qui ne répondent pas nécessairement aux attentes ou aux opinions de ceux qui habitent dans les endroits qu’ils visitent.

En conséquence, l’ICOM et la FMAM encouragent les voyageurs – tout comme les populations indigènes des destinations touristiques – à s’informer sur le phénomène de « touristification » du pays et des cultures auquel le tourisme de masse peut conduire. Bien souvent, il reflète les désirs des touristes (culture de vacances) et affecte la culture de service du pays de destination, ainsi que toute sa culture au sens large. Les voyageurs doivent être conscients de l’impact du tourisme en termes économiques ; par ailleurs, ils doivent aussi comprendre que certaines attentes et attitudes sont susceptibles de menacer la gestion des sols et de la nature et d’entraîner d’éventuelles modifications du comportement parmi les populations visitées.
« Appréciez, ne détruisez pas », telle doit être la devise ultime de tous les acteurs impliqués dans le tourisme.

L’ICOM et la FMAM soutiennent qu’un changement des comportements et une meilleure compréhension engendrent de nouveaux modes holistiques de préservation des écosystèmes dans les destinations touristiques, et contribuent à protéger l’originalité de la culture des communautés visitées dans leur ensemble (et pas seulement de la fraction de la population directement concernée par le tourisme).

L’ICOM et la FMAM sont convaincus que les musées et les amis des musées peuvent apporter une contribution éducative, culturelle et politique importante au développement durable du tourisme, et aider de cette manière l’UNESCO à atteindre ses objectifs pour 2005-2014, la « Décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable ».

L’ICOM et la FMAM voient dans la « Proposition pour une Charte de principes pour les musées et le tourisme culturel », formulée par l’ICOM lors d’une conférence en Bolivie et au Pérou en 2000, un cadre de travail commun pour les initiatives futures, en matière de tourisme culturel durable. Certains paragraphes en particulier doivent être pris en considération :

Introduction
« Le patrimoine culturel ne peut ni devenir un produit de consommation, ni l’objet d’un contact purement superficiel pour le visiteur. Si une certaine identification est possible, le visiteur, mieux à même de mesurer la valeur du patrimoine et la nécessité de le protéger, deviendra l’allié des musées. »

Principe nº 3
« En matière de tourisme culturel, les musées doivent promouvoir la participation active des communautés locales à l’organisation de la gestion du patrimone comme à celle de l’exploitation touristique. »
« Les musées doivent encourager les communautés à gérer leur patrimoine culturel et à acquérir la formation nécessaire. »

Principe nº 4
« Il est important de prévoir des parcours touristiques utilisant des programmes temporaires et organisés suivant un calendrier qui les rende accessible tant aux populations locales qu’aux touristes étrangers.
Les musées et le tourisme culturel doivent encourager l’interaction entre les visiteurs et la communauté hôte, dans un cadre respectueux des valeurs et de l’hospitalité de celle-ci. »

L’ICOM et la FMAM reconnaissent également les documents rédigés par l’Organisation mondiale du tourisme (l’OMT) en 1999 (le « Code mondial d’éthique du tourisme », adopté par l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2001) dans lequel il est stipulé que « Les politiques et activités touristiques sont menées dans le respect du patrimoine artistique, archéologique et culturel, qu’elles doivent protéger et transmettre aux générations futures ; un soin particulier est accordé à la préservation et à la mise en valeur des monuments, sanctuaires et musées […] » et en 2005 (« Le touriste et le voyageur responsables »)

Les deux organisations croient fortement, à l’instar de la « Charte internationale du tourisme culturel » du Conseil international sur les monuments et les sites (ICOMOS), que « les opérations de mise en valeur des ensembles patrimoniaux doivent assurer aux visiteur une expérience enrichissante et agréable ».

L’UNESCO, l’ICOMOS, l’Organisation mondiale du tourisme ont chacune élaboré leur charte du tourisme. Au-delà de leur importance, ces documents semblent tous se focaliser presque exclusivement sur le pays d’accueil et ses institutions, en soulignant les mesures qui doivent être mises en œuvre et en adoptant une posture défensive à l’égard de la protection des biens historiques et culturels.
Mais qui s’intéresse aux touristes eux-mêmes ? Qui essaie de les intégrer à ce processus ? Trop souvent les codes et les stratégies se résument à une série de déclarations, qui traitent le visiteur comme un agent passif et s’abstiennent de l’impliquer. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de code de conduite à observer pour les visiteurs.

En tant que troisième plus grand facteur économique dans le monde, le tourisme, qu’il soit national ou international, a une portée mondiale. Les musées présents dans le monde entier touchent les individus présents aussi bien dans les régions de provenance du tourisme que dans ses destinations. Ainsi, les efforts pédagogiques des musées pour remplacer les idées rigides sur la culture et l’utilisation des sols par une notion dynamique de culture et de gestion durable de la nature dans le respect de l’environnement ont de grandes chances de réussir.
Les musées doivent être intégrés toujours davantage aux concepts du tourisme afin qu’ils puissent exercer une influence sur les décideurs économiques et gouvernementaux lors des processus de planification, et atteindre les touristes de manière plus directe.

L’ICOM et la FMAM ont pour vocation de sensibiliser les musées et les amis des musées du monde entier sur le sujet du tourisme culturel durable par l’intermédiaire des activités globales de ces associations, comme la Journée internationale des musées.


 
 
   
Updated: 23 July 2008