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Rapport d'activités 1998-2001



LE SECRÉTARIAT GÉNÉRAL

Le service des activités de programme


Le service des activités de programme est chargé au sein du Secrétariat de l'ICOM de la mise en œuvre du programme triennal de l'ICOM adopté lors de l'Assemblée générale. A ce titre, il intervient comme appui pour la réalisation des programmes adoptés par les différents organes de l'ICOM (comités nationaux, internationaux, organisations régionales) lorsque ceux-ci en expriment le souhait, et comme coordinateur du programme adopté par l'organisation. Il est chargé d'élaborer le projet de programme pour la prochaine période triennale présenté à l'Assemblée générale et assure ensuite le suivi des projets adoptés. Enfin, en marge du programme triennal, il mène à bien les activités sous contrat avec l'UNESCO dans le cadre du rôle consultatif joué par l'ICOM auprès de l'UNESCO.

Ressources humaines

Cette période triennale a été marquée par des changements dans la structure du service des activités de programme. Valérie Chieze a quitté l'ICOM en juillet 1999. Elle a été remplacée dans cette fonction par Jennifer Thévenot, et en mars 2000, Cristina Menegazzi venant d'Italie, et ayant travaillé à l'ICCROM, a rejoint le service en tant que spécialiste du programme.

Le service comporte donc deux personnes à titre permanent, ressources qui s'avèrent extrêmement limitées compte tenu de l'accroissement important des activités mises en œuvre depuis les six dernières années et particulièrement durant les trois dernières années. Aussi, durant certaines périodes, il a reçu l'appui d'autres membres du Secrétariat, ainsi que celui de personnel temporaire. De plus, pour la mise en œuvre de certains projets, il a travaillé en très étroite collaboration avec le service de la communication.

Enfin, le service a accueilli des stagiaires souhaitant acquérir une expérience au sein d'une organisation culturelle internationale. Bien que ces stagiaires permettent d'accroître la capacité de travail, cela demande un fort investissement de la part du personnel permanent.

Ressources financières

Le service des activités de programme ne dispose d'aucun budget régulier au sein du budget de l'organisation. Chacune des activités qu'il entreprend fait l'objet d'une levée de fonds menée par le Secrétaire général et préparée par le service du programme. Ce mode de fonctionnement explique pourquoi certains projets, certains volets du programme triennal sont accomplis plus rapidement que d'autres. Il ne permet pas non plus une planification toujours rationnelle des activités sur une longue durée car le montant des fonds qui sera disponible ne peut pas être connu à l'avance et les bailleurs de fonds ont leur propres priorités notamment en ce qui concerne les pays, les régions et les thèmes abordés. Cependant, les levées de fonds effectuées sur des programmes de qualité, en identifiant les besoins des professionnels et en montrant leurs importantes capacités à développer des projets, ont incontestablement joué un rôle important dans la reconnaissance de l'organisation par de nombreux organismes nationaux et internationaux. Elles sont aussi une manière pour l'ICOM de jouer son rôle de plaidoyer pour les musées et la profession muséale.

Collaboration avec les autres services du Secrétariat

Le service de la communication est systématiquement associé aux projets dès la première phase de réalisation. Il suit tout particulièrement la préparation, en particulier la maquette, de tout document réalisé par le service du programme (documents de travail, programmes, etc.) et réalise en collaboration avec notre service tous les matériaux d'information sur les activités entreprises. De plus, chaque projet fait l'objet d'une campagne de presse dont le service de la communication est responsable. Les publications réalisées par le service des activités de programme le sont en étroite concertation avec le service de la communication. Enfin, certains objectifs du programme font appel très directement à une politique de communication, en particulier les objectifs n° 8, 9 et 10 qui concernent le patrimoine en danger, la promotion du Code de déontologie professionnelle de l'ICOM, ainsi que le développement de l'utilisation du courrier électronique au sein de l'ICOM. Dans ces cas, les projets sont menés conjointement par les deux services. A travers les activités mises en œuvre, le programme permet à la fois de renforcer le réseau de professionnels existant à l'ICOM et de l'élargir notablement.

Certains projets ont pour objectif de développer les réseaux régionaux et, dans ce cadre, la collaboration avec le service des membres est essentielle. Le Centre d'information joue un rôle important dans la collecte de documentation pour la préparation des projets, tandis que les Nouvelles de l'ICOM sont un outil essentiel pour la diffusion, auprès des membres, des informations concernant les projets. Enfin, le service des activités de programme est responsable de la gestion des fonds attribués par les différents organismes pour la réalisation des projets spécifiques. Cette gestion quotidienne ainsi que les rapports financiers annuels sont effectués avec l'appui de la comptabilité du Secrétariat.

Contribution des membres et des différents organes de l'ICOM

Le succès des activités mises en œuvre n'a chaque fois été possible que grâce à une implication importante des membres de l'ICOM concernés et de leurs institutions. Le travail du service des activités de programme au Secrétariat de l'ICOM consiste à faire la synthèse des propositions des professionnels à l'étape de conception des projets, à mettre en relation les professionnels ou comités entre eux et à apporter ensuite l'appui nécessaire à la réalisation des projets par les professionnels eux-mêmes. Dans cette optique, chaque projet a associé le plus grand nombre de professionnels et de comités nationaux et internationaux de l'ICOM. Sans leur importante implication, le service des activités de programme, avec ses maigres ressources humaines, n'aurait pu mener à bien tous les projets engagés.

Les activités de programmes

L'Assemblée générale de l'ICOM réunie à Melbourne (Australie) en 1998 a adopté un programme triennal 2001-2004 comportant 11 objectifs principaux :

  • Objectif n° 1 : Identifier et répondre aux besoins futurs et aux problèmes auxquels les musées et la profession muséale sont confrontés
  • Objectif n° 2 : Rechercher et proposer des modes d'organisation et de financement appropriés pour les musées afin de leur permettre de continuer à remplir leur mission dans la société contemporaine
  • Objectif n° 3 : Réviser les pratiques professionnelles relatives aux musées
  • Objectif n° 4 : Ré-examiner la mission et la structure de l'ICOM afin de renforcer notre organisation pour mieux appuyer le développement des musées au 21e siècle
  • Objectif n° 5 : Réaffirmer le rôle de l'ICOM en tant que le Conseil international des musées
  • Objectif n° 6 : Soutenir les musées, instruments de développement social et culturel
  • Objectif n° 7 : Créer un programme pour le développement de la capacité des musées à intégrer la question du multiculturalisme
  • Objectif n° 8 : Défendre la patrimoine menacé
  • Objectif n° 9 : Promouvoir le Code de déontologie professionnelle de l'ICOM
  • Objectif n° 10 : Développer et encourager la communication électronique au sein de l'ICOM
  • Objectif n° 11 : Développer les programmes régionaux

Durant les trois années 1998, 1999 et 2000, le service des activités de programme s'est donc attaché à atteindre ces objectifs à travers la réalisation d'activités spécifiques inscrites comme activités de programme dans la section III du programme triennal - Priorités pour 1998-2001.

Objectifs 1 et 2. Identifier et répondre aux besoins futurs et aux problèmes auxquels les musées et la profession muséale sont confrontés ; Rechercher et proposer des modes d'organisation et de financement appropriés pour les musées afin de leur permettre de continuer à remplir leur mission dans la société contemporaine.

Durant la seconde moitié du mois d'avril 2000, le nouveau Musée de la Nubie d'Assouan, en Égypte, a accueilli trois activités de l'ICOM visant au développement des musées dans les pays arabes. L'une d'entre elles proposait un atelier de formation à la gestion des musées à l'intention des jeunes professionnels de la région. L'objectif de cet atelier n'était pas seulement d'apporter des compétences générales aux jeunes gens qui font leurs premières armes dans le monde des musées, mais aussi de jeter les bases d'un solide réseau d'échanges et de coopération dans la région.

Tous les Comités nationaux ou les spécialistes de l'ICOM de la région étaient invités à envoyer des représentants de leur pays. Résultat : les participants venus de 15 pays ont bénéficié de cette formation. Par un travail collectif et un échange d'expériences, ils ont su créer une synergie faite de convivialité et d'enthousiasme et, par là même, susciter des propositions pour d'autres ateliers axés sur des aspects spécifiques de la gestion des musées -- éducation et expositions, sécurité et documentation.

L'ICOM continue d'accueillir des stagiaires dans les domaines liés à ses préoccupations et activités ; ce qui a permis, par exemple, de réunir la documentation existant sur les questions de copyright.

Objectifs 3 et 7. Revoir les pratiques professionnelles relatives aux musées ; créer un programme pour le développement de la capacité des musées à intégrer la question du multiculturalisme.

Le projet de normalisation des inventaires des collections africaines s'est finalement concrétisé face au constat alarmant de la situation précaire du patrimoine africain. En effet, les collections étaient inventoriées au petit bonheur, ce qui favorisait la dispersion, voire le vol fréquent des objets.
Le projet entrepris avec l'aide du Comité international de l'ICOM pour la documentation visait les objectifs suivants :

  • créer des inventaires du patrimoine en danger ;
  • promouvoir les échanges d'information ;
  • créer un réseau d'entraide parmi les professionnels de musée ;
  • constituer une base de données du patrimoine africain ;
  • faciliter la diffusion des informations ;
  • lutter contre le trafic illicite.

Après avoir traversé de multiples phases à partir de 1993, le projet a abouti à la publication, en 1996, du Manuel de normes. Documentation des collections africaines. Testées durant trois ans sur les collections des six musées pilotes et constamment réadaptées, ces normes ont déjà prouvé leur efficacité, non seulement au niveau individuel de chaque musée, mais aussi dans le cadre plus large des échanges. Reste qu'elles n'atteindront leur objectif que lorsque la majorité des musées africains et africanistes les auront adoptées.

Ce programme permanent d'AFRICOM a consisté à élaborer des terminologies et à encourager l'utilisation des normes -- via l'organisation d'ateliers régionaux -- afin d'échanger les informations et, finalement, de protéger le patrimoine sur tout le continent.

En 1998 ont eu lieu deux activités de normalisation : un atelier régional (du 27 au 31 juillet) à Jos, au Nigeria, et la réunion annuelle des musées partenaires (en décembre), en Afrique du Sud.

L'atelier régional de Jos était organisé conjointement par le Musée national du Mali (coauteur du Manuel des normes), la Direction des musées et monuments du Nigeria et le Secrétariat de l'ICOM, avec plus de trente participants originaires de neuf pays de l'Afrique occidentale. Le choix du Nigeria pour accueillir l'atelier se justifiait d'autant plus que ce pays possède une trentaine de musées et la plus importante collection d'objets africains de l'Afrique sub-saharienne.

La réunion annuelle des musées partenaires s'est tenue au National Cultural History Museum de Pretoria, en Afrique du Sud. Elle rassemble les partenaires du projet depuis 1993, ainsi que les musées qui participent au processus de normalisation de la documentation conformément aux exigences d'AFRICOM.

En septembre 2000, le Service a également participé, à Stockholm, à la Conférence Asie-Europe sur les musées intitulée " Reforming Museums for the 21st Century " (réformer les musées pour le XXIe siècle), afin d'établir des échanges avec les quelque 60 personnes qui étaient venues de l'Asie et du Sud-Est asiatique, et ce en vue des activités de programme prévues pour la région.

Objectifs 4 et 5. Réexaminer la mission et la structure de l'ICOM afin de renforcer notre organisation pour mieux appuyer le développement des musées pour le XXIe siècle ; réaffirmer le rôle de l'ICOM en tant que Conseil international des musées.

Dans le cadre du programme AFRICOM, le Comité de coordination d'AFRICOM a demandé à deux de ses membres de travailler sur le problème des réseaux et sur les nouvelles perspectives des musées d'Afrique. Ce groupe de travail, axé sur le développement des sciences et de l'art contemporain dans les musées africains, a organisé une réunion à l'île Maurice, en février 1999, avec des spécialistes et des coordinateurs du domaine. En ont résulté de nouvelles orientations pour les musées africains et des propositions de projets pour enrichir les débats de l'Assemblée constituante d'AFRICOM, programmée en octobre 1999.

A l'invitation du Comité national yougoslave de l'ICOM, le secrétaire général et la responsable des activités de programme ont entrepris, en janvier 2000, une mission à Belgrade et à Novi Sad pour plusieurs raisons : rencontrer les membres du Comité national, se rendre dans les musées et institutions chargées du patrimoine qui avaient besoin de contacts et de soutien et, bien entendu, envisager les moyens permettant d'apporter cet appui.

Avec tous les membres du Secrétariat de l'ICOM et conformément aux objectifs du groupe de travail de réforme -- réexaminer la mission et la structure de l'ICOM --, le Service des activités de programme a fait le point sur son rôle et sur son fonctionnement, produisant des rapports et participant à diverses réunions organisées sur ce thème au cours de l'année 2000.

Objectifs 6, 7 et 9. Soutenir les musées en tant qu'instruments de développement social et culturel ; créer un programme pour le développement de la capacité des musées à intégrer la question du multiculturalisme ; promouvoir le Code de déontologie professionnelle de l'ICOM.

Dans le développement social et culturel d'un pays, la fonction éducative des musées tient une importance primordiale. Ainsi est né, dans le cadre du programme AFRICOM, le Projet d'éducation par le musée en Afrique (MEPOA), dont la première activité a été l'atelier ICOM/UNESCO sur les programmes d'éducation par le musée en Afrique occidentale et du Sud (" Perspectives actuelles et futures "), organisé à Bulawayo (Zimbabwe) en juin 1999. Cinq jours durant, une quarantaine de participants venus de pays africains ont échangé et mis en commun des idées, l'objectif étant d'améliorer les programmes d'éducation par le musée en Afrique et de faire des recommandations sur les possibles applications de ces programmes sur le continent. Les travaux effectués pendant cet atelier ont fait l'objet de deux versions (anglais et français) envoyées à tous les participants, aux organismes de financement, aux Comités nationaux africains de l'ICOM et autres personnes intéressées. Ils constitueront un document de référence pour préparer les directives visant à améliorer les programmes d'éducation par le musée en Afrique.

L'atelier de Bulawayo s'est complété, en mars et mai 2001, d'une deuxième phase destinée à mettre en œuvre les recommandations et propositions. Réalisée au Burkina Faso, dans la communauté de Gaoua, cette activité a consisté à travailler avec les femmes de la communauté pour qu'elles puissent, par le biais de leur tradition de poterie, servir de lien entre la communauté et le musée -- en l'occurrence le Musée des Civilisations du Sud-Ouest, à Gaoua. Les multiples résultats concrets de cette activité pilote -- une brochure didactique (élaborée à l'occasion d'un concours de dessin) utilisée par les femmes pour s'adresser à la communauté ; des panneaux construits pour une exposition itinérante avec l'aide des membres de la communauté et du personnel du musée ; et une brochure contenant des indications pour monter une exposition -- ont permis de former un " kit " qui servira pour d'autres expériences similaires en Afrique occidentale et sur le reste du continent.

Le tourisme culturel est un autre facteur de développement social et culturel. Un atelier a été organisé sur ce problème Trujillo (Pérou) et à La Paz (Bolivie) en mai 2000. Yani Herreman, vice-président de l'ICOM, en était le coordinateur général, tandis que les présidents des Comités nationaux péruvien et bolivien en assuraient l'organisation locale.

Les participants à l'atelier ont rédigé une Déclaration des principes qui offre des conseils et une base théorique pour une pratique professionnelle déontologique. En particulier, elle souligne les stratégies requises et les objectifs pouvant garantir que le patrimoine culturel -- y compris les collections de musées -- est apprécié, interprété et géré au mieux de sa protection et de sa conservation pour les générations futures. Les participants ont essentiellement appuyé leur travail sur le Code de déontologie professionnelle de l'ICOM, liant ainsi cette activité à l'objectif 9 du programme triennal et rappelant la mission des musées : être des institutions à but non lucratif au service de la société et de son développement.

Le tourisme culturel est aussi un problème interculturel et, après le succès de l'atelier Pérou/Bolivie, des moyens sont à l'étude pour étendre cette activité à d'autres régions du monde.

Publiées en deux versions (anglais et espagnol), les délibérations de cet atelier ont été distribuées à tous les participants et à tous les membres de l'ICOM en Amérique latine, ainsi qu'au gouvernement et aux institutions spécialisées.

L'ICOM intervenant à titre d'ONG en relation formelle d'association et de conseiller auprès de l'UNESCO, le Service des activités de programme, ainsi que d'autres membres du Secrétariat de l'ICOM, participent régulièrement aux réunions organisées par l'UNESCO sur des thèmes intéressant nos deux organisations : retour et restitution des biens culturels, patrimoine en danger, sites du patrimoine mondial, préparation aux risques, diversité culturelle, tourisme culturel, etc. Ces réunions offrent à l'ICOM l'occasion idéale de sensibiliser à ses objectifs et de défendre son Code de déontologie professionnelle.

Objectif 8. Défendre le patrimoine menacé

Pour défendre le patrimoine en danger, un certain nombre d'actions ont été lancées dans le cadre du Comité international du Bouclier bleu (ICBS), fondé en 1996 par quatre organisations non gouvernementales : Conseil international des archives (ICA), Conseil international des musées (ICOM), Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA).

Ces quatre organisations non gouvernementales se regroupent au sein de l'ICBS pour mettre à disposition les autorités et les réseaux compétents en cas de conflits armés ou de catastrophes naturelles susceptibles d'affecter le patrimoine culturel. Toutes les quatre coopèrent aussi pour organiser la préparation aux risques au niveau international et pour l'encourager au niveau local. Les membres de l'ICBS sont les principaux responsables (ou leurs remplaçants désignés) de chacune des quatre organisations.

Les objectifs de l'ICBS :

  • agir comme conseil pour la protection du patrimoine menacé,
  • faciliter une action internationale pour répondre aux menaces et aux situations d'urgence grâce à une coopération entre l'ICBS et les organisations nationales,
  • proposer ses services en matière d'expertise dans les cas relevant de la Convention de La Haye, 1954,
  • encourager la sauvegarde et le respect des biens culturels et en particulier promouvoir des normes pour la prévention des risques,
  • former des experts, au niveau national ou régional, pour prévenir, contrôler et surmonter les catastrophes,
  • consulter et coopérer avec d'autres organes ayant les qualifications ou les intérêts appropriés, et en particulier (mais sans exclure les autres), avec l'UNESCO, l'ICCROM et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

L'action de l'ICBS n'a de sens que si elle est relayée et nourrie par les initiatives locales qui, seules, pourront améliorer significativement les conditions de protection et de sauvegarde du patrimoine culturel. Par exemple, plusieurs pays ont vu se constituer des comités nationaux du Bouclier bleu. Ils se mettent en place selon des critères qui ont présidé à la naissance de l'ICBS et qui sont adaptés aux conditions locales :

  • rassemblement des comités ou institutions relevant des quatre domaines (archives, bibliothèques, musées, monuments et sites),
  • rapprochement de l'ICBS national avec les entités chargées de la défense civile, l'armée, la police, les pompiers, etc., afin d'échanger les expériences respectives et d'œuvrer à l'intégration de la protection du patrimoine culturel dans les plans d'urgence,
  • sensibilisation des instances gouvernementales ou locales à la protection du patrimoine culturel et à son intégration dans les mesures d'urgence,
  • promotion de la mise en œuvre ou de l'adhésion à la Convention de La Haye.

Des Comités nationaux du Bouclier bleu ont été mis en place ou sont en préparation dans les pays suivants : Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Royaume-Uni et Yougoslavie.

Au cours de la période triennale, le Comité international du Bouclier bleu a parrainé plusieurs actions : Avec le soutien de l'UNESCO et de l'International Institute for Archival Science (Institut international des sciences archivistiques) de Maribor (Slovénie), l'ICBS a tenu son premier séminaire consacré au personnel intervenant à la suite des conflits armés ou autres catastrophes -- " Seminar for Personnel Intervening following Armed Conflict or other Disasters " à Radenci (Slovénie) --, du 11 au 17 novembre 1998. La réunion entendait faire venir, une semaine durant, de différents pays européens (même si tous ne possédaient pas archives, monuments, musées et bibliothèques) au moins une personne de chacune des quatre professions du Bouclier bleu, afin d'examiner les responsabilités de protection d'urgence et la conduite à suivre par les différents services dans les villes. De l'avis général, la forme expérimentale du séminaire a bien fonctionné et peut servir de modèle aux futurs séminaires de formation, tant au niveau international que national.

A la suite de la réunion finale des experts, en Autriche, au début de l'été 1998, une conférence diplomatique officielle pour le deuxième Protocole de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, s'est tenue pendant deux semaines à La Haye, en mars 1999, à l'invitation du gouvernement des Pays-Bas. L'ICBS était représenté par Patrick Boylan.

Ce nouveau protocole représente une grande avancée au niveau des mesures internationales de protection culturelle. Il crée une nouvelle catégorie de " Protection exceptionnelle " pour les sites, monuments et institutions de premier plan. D'autre part, il définit une nouvelle catégorie de délits explicites liés aux manquements à la protection culturelle, prévoyant une législation et une extradition criminelle universelle pour les cas les plus graves. Il établit des arrangements institutionnels quant à l'application de la Convention de 1954 et définit l'important rôle consultatif permanent de l'ICBS et de ses organisations constituantes. A cet égard, la reconnaissance officielle de l'ICBS à plusieurs reprises dans le nouveau protocole est extrêmement significative.

Une réunion spéciale de l'ICBS a eu lieu en avril 2000 à Strasbourg (France) pour définir le concept, la mission et la structure organisationnelle du comité.

Le concept de l'ICBS se définit ainsi : au fil du temps, le Bouclier bleu deviendra pour la protection du patrimoine culturel ce qu'est la Croix rouge pour la protection humanitaire.

La mission de l'ICBS s'articule autour de ces objectifs :

  • sensibiliser aux menaces qui pèsent sur le patrimoine culturel pour des raisons humaines ou naturelles, ainsi qu'à la nécessité d'une protection ;
  • améliorer la préparation aux risques parmi toutes les institutions et les professions chargées du patrimoine culturel, et ce par la coopération ;
  • fournir les compétences nécessaires en cas de catastrophe affectant les biens culturels à travers le monde et coordonner l'aide internationale ;
  • conseiller le Comité intergouvernemental pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (mis en place par la conférence diplomatique de 1999 à La Haye).

L'ICBS tient ses réunions régulièrement : en septembre 1998, janvier 1999, mai 1999, septembre 1999, décembre 1999, février 2000, avril 2000, juin 2000, novembre 2000, février 2001 et juin 2001.

Durant cette période, le Secrétariat de l'ICOM a ajouté à sa série Cent objets disparus une quatrième publication (Pillage en Europe) consacrée aux objets religieux volés et pillés dans ces quatre pays européens : République tchèque, Italie, Hongrie et France. Cet ouvrage contient également des photos et une description des objets rédigée dans les langues de ces pays (et en anglais). Des campagnes de presse sont organisées dans chacun des quatre pays. La première est prévue à Prague (République tchèque) le 30 mars 2001, et la seconde, en Hongrie, le 11 mai 2001.

L'ICOM a suivi la réunion européenne sur la stratégie de conservation préventive (European Preventive Conservation Strategy Meeting), organisée à Vantaa (Finlande) du 20 au 22 septembre 2000, et qui a rassemblé quelque quatre-vingts participants venus de vingt-quatre pays européens. L'objectif du projet était de produire pour l'Europe un document stratégique sur la conservation préventive, afin de pouvoir mener une planification et des actions concertées à l'échelon international. Au niveau national, ce projet aidera les ministères de la culture, les musées et les services de conservation à justifier, planifier et mettre en œuvre des services d'assistance à la conservation préventive. Le document final (" Vers une stratégie européenne de conservation préventive "), traduit dans toutes les langues des pays européens présents à la réunion, peut être consulté sur la page Web du site de l'ICCROM (www.iccrom.org/fre/index.htm).

Les activités liées aux musées, les possibilités de formation, la participation du public et l'accès aux informations, autant d'aspects qui seront développés par les partenaires du projet aux niveaux national et européen, et ce pour appliquer la stratégie de conservation préventive. En soutien à ces activités, le Secrétariat de l'ICOM, l'ICOM-CC -- en particulier le groupe de travail sur la conservation préventive -- et les Comités nationaux de l'ICOM pourraient jouer un rôle important.

D'autre part, l'ICOM a collaboré à l'organisation du Congrès international tenu à Draguignan (France), en novembre 2000, sur la prévention des catastrophes dans les aires de stockage du patrimoine culturel. A noter, entre autres intérêts de cette réunion, le fait qu'elle ait été ouverte à toutes sortes de spécialistes de la prévention des catastrophes (pompiers, conservateurs, restaurateurs, archivistes, bibliothécaires, architectes, entreprises privées, sociétés informatiques, spécialistes de la conservation préventive, compagnies d'assurance, etc.). Le programme offrait des exemples de planification d'urgence pour les institutions chargées du patrimoine, ainsi qu'une présentation d'activités de prévention et/ou de redressement en cas de séismes, d'ouragans et de vents violents, d'incendies, d'inondations et de faits de guerre. Par ailleurs, une partie du congrès était consacrée à l'importance de l'établissement de Comités nationaux du Bouclier bleu et au rôle fondamental qu'ils peuvent jouer dans la prévention des sinistres et dans la coordination des activités en cas de catastrophe dans un pays.

En avril 2001, à Hanoi (Vietnam), l'ICOM, en partenariat avec le ministère vietnamien de la Culture et de l'information, a organisé une activité déterminante pour la région asiatique : un atelier sur la protection des biens culturels en Asie du Sud-Est. Nous avons ainsi élargi à l'Asie une expérience déjà réalisée dans d'autres régions -- en Tanzanie, pour l'Afrique du Sud ; au Mali, pour l'Afrique du Nord et occidentale ; au Zaïre, pour l'Afrique centrale ; aux Pays-Bas, pour le patrimoine culturel africain à l'échelon continental ; en Équateur pour l'Amérique latine ; et en Tunisie, pour les pays arabophones. Ces ateliers ont débouché sur des actions concrètes aux niveaux national et régional -- par exemple, renforcer la législation nationale afin de constamment améliorer le statut du personnel de musée et d'appliquer les lois en vigueur en matière de protection du patrimoine ; développer la coopération régionale ; consolider la sécurité des musées ; élaborer des politiques d'éducation et de prise de conscience à grande échelle et dans divers secteurs du public.

Grâce à cet atelier, des professionnels du patrimoine et des représentants de la police et de la douane venus de toute la région du Sud-Est asiatique ont pu décrire les situations de leurs pays respectifs, échanger des informations et dresser un plan à long terme pour la région. L'objectif global de l'atelier était de formuler une nouvelle approche pour aborder les problèmes, notamment en intensifiant la coopération régionale et en développant de nouvelles stratégies pour sensibiliser les autorités responsables, la police et la douane, les populations locales et le grand public dans le monde entier.

 



 
 
   
Updated: 4 July 2005